La ménopause


VPVC146 – Mai Juin 2018 –

Phénomène naturel, la ménopause se déroule de façons différentes d’une femme à l’autre. S’accompagnant de manifestations souvent désagréables, elle inquiète et rend cette période difficile pour beaucoup de femmes.

 

Par définition, la ménopause est la période de la vie féminine à partir de laquelle l’ovulation et les règles (menstruations) disparaissent. Phénomène naturel, elle intervient généralement entre 45 et 55 ans. Elle correspond au quasi arrêt de la sécrétion hormonale par les ovaires (œstrogènes et progestérone). Il n’y a donc plus d’ovulation. La femme ne peut plus concevoir d’enfant.

Ce phénomène, qui se déroule sur plusieurs mois voire plusieurs années, s’appelle la périménopause. D’abord les règles s’espacent, deviennent irrégulières, puis cessent définitivement. On dit que la ménopause est installée lorsque les règles sont absentes depuis une année.

Un changement physiologique à l’origine de désagréments…

Pour la plupart des femmes, l’installation de la ménopause s’accompagne d’un cortège de symptômes parfois conséquents. À l’alternance de cycles longs et de cycles cours durant la périménopause s’ajoutent un syndrome prémenstruel (sensation de tension au niveau des seins), des sautes d’humeur, etc. Mais ce sont surtout les bouffées de chaleur qui gênent le plus les femmes.

Ces bouffées de chaleur, caractéristiques de la ménopause, se traduisent par une brusque sensation de chaleur dans tout le corps. Des rougeurs de la face et du cou, des sueurs voire des frissons s’y ajoutent souvent. Ces manifestations peuvent survenir durant le sommeil mais aussi la journée.

Les modifications hormonales ont également des répercussions sur les organes génitaux et urinaires. En particulier, la sécheresse vulvo-vaginale est à l’origine d’une dyspareunie (douleurs lors des rapports sexuels) ou d’une baisse du désir sexuel, et les infections urinaires sont fréquentes.

Des douleurs articulaires, des céphalées plus fréquentes, un mauvais sommeil, de la fatigue sont également rapportés par les femmes. Un surpoids est possible, avec une répartition différente des masses adipeuses.

Toutes ces manifestations caractéristiques de la périménopause disparaissent généralement une fois la ménopause installée. Mais chez certaines femmes, quelques-unes persistent de nombreuses années comme les troubles vulvo-vaginaux.

 

… et d’un risque augmenté de certaines maladies

Outre leurs fonctions sur la préparation de la grossesse, les hormones féminines agissent sur de nombreux tissus, en particulier sur la trophicité (solidité et bon fonctionnement) des structures qui soutiennent l’ensemble des organes du petit bassin (plancher pelvien). À la suite de la ménopause, ils ont tendance à s’affaisser. C’est le prolapsus ou « descente d’organes ».

Par ailleurs, les hormones protègent la femme des maladies cardiovasculaires. La chute de sécrétion de ces hormones a pour conséquence que le risque cardiovasculaire (AVC, infarctus, etc.) de la femme ménopausée rejoint le risque observé chez l’homme. D’où l’attention particulière qui doit être portée sur le plan cardiaque à cette période de la vie.

Enfin, les hormones féminines assurent un bon métabolisme des os. Il faut savoir que ces derniers sont en perpétuel remaniement et reconstruction. Après la ménopause, la reconstruction ne permet pas de compenser les phénomènes de destruction. L’os se déminéralise et l’ostéoporose s’installe.

 

La physiologie féminine, un mécanisme hormonal complexe

Pendant sa période dite "d'activité génitale", de la puberté à la ménopause, chaque femme présente des cycles menstruels avec une ovulation par mois, donc une fécondation est possible.

Du point de vue hormonal, chaque cycle menstruel se divise en deux phases :

- La phase folliculaire sous le contrôle de l’hormone folliculo-stimulante (FSH), fabriquée par l’hypophyse, au cours de laquelle les follicules ovariens produisent un ovule mature qui sera « pondu » par le follicule ovarien et recueilli par les trompes. Dans le même temps, la muqueuse utérine se prépare à recevoir l’ovule fécondé grâce à l’action des œstrogènes.

- L’ovulation (libération de l’ovule) est provoquée par une augmentation du taux d’hormone lutéinisante (LH) et marque le passage à la deuxième phase. Après l’ovulation, le follicule transformé en corps jaune produit de la progestérone qui contribue à renforcer la muqueuse utérine en vue de la nidation. Si l’ovule n’est pas fécondé, le corps jaune s'atrophie et le taux de progestérone diminue brutalement, entrainant l’élimination de la muqueuse utérine et l’apparition des règles.

 

Faut-il consulter son médecin ?

La réponse est clairement oui. Et cela pour au moins deux raisons. D’abord pour faire le point sur le déroulement de cette transformation physiologique et éventuellement mettre en place le traitement adéquat. Ensuite pour dépister et surveiller l’installation de l’ostéoporose et des troubles cardiovasculaires.

Le diagnostic de ménopause est simple et repose sur l'absence de règles depuis douze mois. Aucun test n'est, à priori, nécessaire et les dosages hormonaux sont le plus souvent inutiles. Donc le médecin traitant ou le gynécologue n’auront aucune difficulté en principe à établir le diagnostic. Néanmoins, chez une femme de moins de 40 ans, une ménopause dite précoce peut survenir. Une investigation sera éventuellement nécessaire dans ce cas.

 

Faut-il traiter la ménopause ?

La ménopause est une modification physiologique normale et non pas une maladie. À priori aucun traitement n’est nécessaire. Toutefois les manifestations de la ménopause, surtout si elles sont gênantes, peuvent être soulagées par un traitement symptomatique approprié. Il est toujours associé à des conseils hygiénodiététiques, indispensables : arrêt du tabac, consommation très modérée d'alcool, alimentation diversifiée, activité physique régulière.

Ainsi, un traitement non hormonal peut être proposé pour atténuer les bouffées de chaleur. Des hydratants ou lubrifiants vaginaux, voire un traitement hormonal (œstrogènes) à appliquer localement deux fois par semaine améliorent le confort sexuel en cas de sécheresse vaginale. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

 

Le traitement substitutif hormonal, pour qui et quand ?

Un traitement hormonal substitutif de la ménopause (THM) peut être proposé par le médecin traitant ou le gynécologue. Il associe un œstrogène et un progestatif et compense l’absence de sécrétion naturelle de ces hormones.

L'œstrogène intervient sur les symptômes qui accompagnent les modifications hormonales associées à l’arrêt de la fonction ovarienne et prévient l’ostéoporose. L'œstradiol, œstrogène naturel, administré par voie percutanée ou transdermique est utilisé. Le progestatif diminue le risque de cancer du col de l'utérus.

Le traitement hormonal substitutif peut être proposé en l'absence de contre-indications (antécédent de cancer du sein ou d'accident vasculaire cérébral) aux femmes dont la ménopause entraîne des troubles altérant la qualité de vie familiale, sociale, professionnelle, ainsi qu’aux femmes confrontées au problème de la ménopause précoce, et en prévention de la perte osseuse conduisant à l'ostéoporose et aux fractures ostéoporotiques.

Le bien fondé de tous ces traitements doit être réévalué régulièrement au moins une fois par an (bilan sanguin, examen clinique, etc.). En effet, ces derniers augmentent les risques de certains cancers et de troubles circulatoires.

 

Photo Phovoir/AFL