J’ai un ganglion


VPVC148 – Septembre Octobre 2018 – Votre Pharmacien Vous Conseille

Tout le monde a au moins une fois dans sa vie senti sous la peau du cou ou des aisselles une petite tuméfaction et en a conclu : « j’ai un ganglion ». Inutile de s’inquiéter inutilement, ces amas sont bénins le plus souvent. Mais au fait, de quoi s’agit-il ?

 

 

Que désigne le mot de ganglion ?

Le mot ganglion désigne un amas cellulaire formant un renflement. Ainsi on parle de ganglion pour les renflements retrouvés le long des nerfs. Mais dans le langage courant, le mot ganglion évoque les renflements situés tout au long des vaisseaux lymphatiques. Ces amas sont normalement très petits (quelques millimètres) et ne sont pas détectés par la palpation. Dans certaines conditions évoquées plus loin, ils peuvent gonfler et devenir sensibles et palpables.

 

 

 

À quoi servent les ganglions lymphatiques ?

Les ganglions lymphatiques se situent à l’intersection des divers canaux lymphatiques. Il faut savoir que le circuit lymphatique est un système vasculaire qui prend sa naissance dans les tissus et collecte les grosses molécules, ainsi que les déchets contenus dans la lymphe, et les amène grâce à un gros collecteur vers la veine cave un peu avant le cœur. Ce système a un rôle essentiel dans la défense de l’organisme. En effet, les ganglions hébergent plusieurs types de globules blancs qui sont les cellules majeures du système immunitaire. Lorsque ces globules blancs rencontrent des bactéries, des virus ou des cellules cancéreuses, ils les détruisent et se multiplient pour contenir l’invasion au niveau de l’organe atteint et éviter ainsi la généralisation. C’est ainsi que les ganglions augmentent de volume.

 

Que signifie le mot adénopathie ?

L'adénopathie désigne l'hyperthrophie d'un ou de plusieurs ganglions lymphatiques, soit dans le cadre d'une inflammation, soit dans le cadre d'un cancer. Le mot vient du grec adeno, la glande (le renflement) et pathie la maladie.

 

Où peut-on palper des ganglions ?

Par définition, il existe des ganglions lymphatiques dans tout l’organisme (sauf le cerveau). Mais on ne les sent à la palpation que s’ils sont enflammés et dans les zones où le tissu lymphatique se situe sous la peau. C’est le cas du cou, des aisselles, de l’aine, de la zone sous la clavicule ou du creux poplité (derrière le genou).

En cas d’affections graves comme un cancer, on retrouve bien sûr des adénopathies dans l’abdomen ou le thorax.

 

Est-ce grave ?

Avant tout, pas de panique. Comme on l’a vu plus haut, les infections sont la cause essentielle d’adénopathie. Il est donc logique de sentir un ou plusieurs ganglions dans le cou en cas d’infection rhinopharyngée par exemple. Ces ganglions font leur travail et évitent que l’infection se propage à l’ensemble de l’organisme. C’est donc paradoxalement un bon signe. Donc, si vous sentez un ganglion, consultez votre médecin car ce n’est pas normal. Il en recherchera la cause et pourra ainsi diagnostiquer parfois une infection cachée comme un abcès dentaire non douloureux. Le traitement de la cause fera retrouver au ganglion sa taille normale.

Et soyons rassurés, il est exceptionnel que le diagnostic de cancer soit posé sur la découverte d’un ganglion. Généralement la découverte du cancer est plus précoce.