Pourquoi des campagnes de dépistage organisé ?


VPVC148 – Septembre Octobre 2018 – Votre Pharmacien Vous Conseille

Les autorités sanitaires relayées par les médecins et les pharmaciens incitent à participer à plusieurs campagnes de dépistage ciblées sur certaines maladies. Pourquoi tant d’efforts alors que les sujets concernés ne sont pas malades ?

 

 

Pour beaucoup de maladies, plus le diagnostic est fait tôt, moins les traitements sont lourds et meilleures sont les chances de guérison. L’idéal est même de faire le diagnostic avant que la maladie ne s’installe, en repérant les facteurs de risque et en les corrigeant précocement.

 

Sur quoi repose le concept de dépistage ?

Depuis une cinquantaine d’années, la quantité de données accumulées par les épidémiologistes a permis d’apporter aux cliniciens des informations validées sur les facteurs de risques de nombreuses maladies. Un facteur de risque se définit comme une « caractéristique liée à une personne, à son environnement ou son mode de vie et qui entraîne pour elle une probabilité plus élevée de développer une maladie. » Par exemple, le surpoids augmente le risque de présenter un diabète.

Ainsi, alerter et surveiller les personnes présentant un facteur de risque, c’est se donner les chances de détecter la maladie plus tôt ou de réduire la probabilité de développer la maladie.

 

Le dépistage est-il justifié ?

En fait, le médecin traitant consacre une grosse partie de son activité à dépister les facteurs de risque et à les corriger. Le meilleur exemple est celui de l’hypertension artérielle (HTA). En fait, il ne s’agit pas réellement d’une maladie (au moins au début). Quel hypertendu ressent des troubles dus à son HTA ? L’HTA est un facteur de risque de maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux, etc.).

Depuis quarante ans, les progrès de la médecine ont permis de corriger l’hypertension de nombreux patients (il en reste malheureusement qui s’ignorent ou qui ne se traitent pas). Conséquence, le taux de décès par maladie cardiovasculaire a été divisé par deux.

 

Pourquoi répondre présent aux campagnes de dépistage organisé ?

À partir de cet exemple de l’HTA et on pourrait en prendre d’autres, il est facile de se rendre compte du bien-fondé des campagnes proposées.

Certaines de ces campagnes reposent sur le dépistage d’un facteur de risque comme une lésion non cancéreuse, mais qui a de grands risques de se cancériser. C’est le cas du dépistage du cancer du côlon qui vise à découvrir les petits adénomes qui peuvent dégénérer secondairement ou du cancer du col de l’utérus qui survient presque toujours sur une lésion non cancéreuse préexistante.

Pour d’autres, il s’agit de diagnostiquer le plus tôt possible une lésion cancéreuse à un stade limité (in situ). C’est le cas du dépistage du cancer du sein qui est rendu possible par les progrès de la radiologie, une meilleure stratégie d’analyse et une prise en charge coordonnée entre tous les spécialistes. Le bénéfice est évident car une lésion prise en charge à un stade précoce, c’est un traitement plus simple, peu douloureux et plus efficace (près de 100 %).