L’incontinence urinaire


VPVC149 – Novembre Décembre 2018 – Votre Pharmacien Vous Conseille

L'incontinence urinaire n'est pas une maladie, même si elle complique la vie au quotidien. L'incontinence urinaire n'est pas non plus une fatalité puisqu’il existe des solutions.

 

 

L’incontinence urinaire augmente-t-elle avec l’âge ?

La fréquence de cette affection est difficile à mesurer en raison de la diversité des situations vécues. Mais incontestablement, la fréquence de l’incontinence urinaire augmente avec l’âge, sachant qu’à âge égal, la femme est deux fois plus touchée que l’homme. Selon des études, l’incontinence touche 7 % des enfants de plus de 5 ans, 10 à 35 % des adultes et 50 à 85 % des personnes âgées en institution.

 

Pourquoi cette affection est-elle mal estimée ?

Bien évidemment, en raison de la stigmatisation sociale, ce trouble est souvent caché, même auprès de l’entourage. On estime ainsi que 50 à 70 % des femmes souffrant d'incontinence urinaire ne sont ni dépistées ni traitées.

Les patients souffrant d'incontinence urinaire mettent généralement de nombreuses années avant d’en parler à leur médecin ou pharmacien. Elle ne devrait en aucune façon constituer un sujet de honte, même si la gêne dans la vie courante est réelle. Le rôle de l’entourage (conjoints, enfants, etc.) est de ce point de vue important car il les aide à prendre conscience que ce dérèglement n’est pas une fatalité.

 

La perception des sujets traduit-elle la réalité ?

Dans l’étude menée chez les sportives, la pesée des protections a permis de montrer un décalage entre l’évaluation subjective et la réalité objective. 57,4 % des femmes avec une protection ont présenté une fuite pendant la course, avec un poids moyen de fuites évalué à 4,19 g. Parmi les femmes n’ayant pas déclaré d’incontinence urinaire, 53,9 % ont eu des fuites durant la course et à l’inverse, parmi les femmes ayant déclaré des fuites urinaires de l’ordre de quelques gouttes, 46 % avaient un poids de protection supérieur à 3 grammes.

L’incontinence urinaire est bien une réalité, même si l’importance de ce dérèglement est difficile à évaluer.

 

Comment fonctionne normalement la vessie ?

Les deux reins évacuent l’urine produite vers la vessie par deux "tuyaux" : les uretères. La vessie stocke l’urine en se dilatant et en adaptant son volume à celui de l’urine stockée. Elle se vide par un tuyau, l'urètre, au moment de la miction. Des sphincters situés à la base de la vessie empêchent la vessie de se vider en dehors de ces moments. C’est la pression exercée par le muscle de la vessie qui permet l’expulsion de l’urine. Ce muscle, appelé « detrusor », est commandé par le système nerveux. Le volume maximal de la vessie est variable, mais en général se situe autour de 300 ml.

 

 

À quoi est due l’incontinence urinaire ?

Les causes de l'incontinence urinaire sont multiples. Il y a d’abord les causes temporaires comme les infections urinaires ou vaginales. La cause la plus évidente d’incontinence chronique est, bien sûr, la faiblesse des sphincters et du périnée (les muscles et ligaments qui soutiennent les organes du bassin). Mais la tonicité de la vessie est souvent en cause, soit par paresse vésicale ou au contraire par hyperactivité. Enfin une obstruction des voies urinaires (adénome de la prostate) peut expliquer la survenue de fuites car la vessie est alors « trop pleine ».

 

Quels sont les différents types d’incontinence ?

L'incontinence par « miction impérieuse » est la plus fréquente. Elle représente deux tiers des incontinences et se caractérise par la fuite d'urine lorsqu'une personne tarde à aller aux toilettes quand elle ressent le besoin d'uriner.

L'incontinence « d'effort » constitue la deuxième cause d’incontinence. Elle se définit comme la fuite involontaire de petites quantités d'urine lorsqu'une personne exerce un effort sur le bas ventre. Ainsi, lorsqu’elle éternue, tousse, rit ou fait un effort musculaire, la pression augmente dans le petit bassin et appuie sur la vessie.

Le troisième type résulte d’une obstruction au niveau de la vessie. Cette dernière entraîne une surpression dans la vessie et des fuites sans aucune envie d’uriner. C’est l’incontinence par regorgement.

 

Les sportives sont-elles aussi concernées ?

Les études ont mis en évidence que l'incontinence urinaire d'effort était plus fréquente chez les femmes de moins de 65 ans, tandis que l'incontinence urinaire par urgenturie était plus courante chez les femmes âgées de plus de 65 ans.

Près de 40 % des femmes pratiquant la course à pieds interrogées dans une enquête menée en 2012 ont déclaré avoir eu des fuites urinaires durant le mois précédent l’enquête. Dans 20,6 % des cas lors d’efforts importants, pour 24,8 % lors d’activités de la vie courante et pour 12,4 % des cas consécutifs à un besoin d’uriner impérieux. La majorité d’entre elles (72,6 %) ont rapporté des fuites de l’ordre de quelques gouttes.

 

Et pendant la grossesse ?

La grossesse est le premier facteur de risque de fuites urinaires. En effet, le périnée subit alors le surcroît de pression lié à l’augmentation de la taille et du poids de l’utérus, poids auquel s’ajoute celui du liquide amniotique et du bébé.

Ainsi, au troisième trimestre de la grossesse, près d’une femme sur deux connaît des fuites urinaires liées à l’augmentation de la pression sur le périnée.

Selon une étude menée par la HAS (Haute Autorité de santé), si le nombre de cas d’incontinence est de 3,6 % avant la grossesse, 43,7 % des femmes ont rapporté une incontinence durant la grossesse et 14,6 % dans les semaines qui suivent. Deux mois après le post-partum, la prévalence de l’incontinence sévère avec fuites quotidiennes est de 3 %, celle d’incontinence modérée avec fuites au moins une fois par semaine est de 7 %. L’accouchement par voie basse est la principale cause de cette incontinence, sachant néanmoins que 3 à 4 % des femmes ayant accouché par césarienne présentent une incontinence.

 

Comment la traiter ?

Le traitement est fonction de la cause. Le médecin traitant et l’urologue si besoin sauront vous conseiller les traitements adaptés et les conseils qui permettront de retrouver un confort de vie. Le traitement repose sur les médicaments qui renforcent le tonus des sphincters, la rééducation vésicale ou périnéale sous contrôle d’un kinésithérapeute et la chirurgie qui enlève l’obstacle ou restructure les sphincters. Il n’y a pas de traitement universel. Chaque incontinence doit être traitée de façon spécifique et adaptée à la cause.

 

Au quotidien que faire ?

En cas d’incontinence, en attendant que le traitement soit efficace, il est bien sûr utile d’utiliser des protections et de respecter quelques règles simples pour se faciliter la vie.

Choisir des vêtements faciles à enlever, pour les « urgences » et rendre l’accès aux toilettes facile : éclairage du couloir, portes faciles à ouvrir, obstacles enlevés. Penser aux personnes à mobilité réduite en facilitant le lever du siège et le balisage du chemin vers les toilettes. Installer des barres de soutien à côté des toilettes et un siège de toilette surélevé. Mettre un urinoir à proximité du lit.