La pharmacie et l’information sur les antibiotiques


VPVC150 – Janvier Février 2019 – Votre Pharmacien Vous Conseille

Ma pharmacie est naturellement le lieu où je trouve de l’information sur les médicaments. Mon pharmacien ne manque jamais une occasion de sensibiliser ses patients sur leur bon usage. C’est ainsi que j’ai découvert la dernière  campagne de communication sur les antibiotiques. Une de plus ? Non, pas seulement !

 

Vous avez peut-être déjà entendu le slogan «les antibiotiques, ils sont précieux, utilisons-les mieux». Il s’agit du titre de la campagne de communication pour vous inciter à participer à la lutte contre le développement de bactéries résistantes à ces médicaments. Et bien entendu, mon pharmacien y participe activement.  Comme il me l’explique, « nous avons tous en mémoire, «les antibiotiques, c’est pas automatique». Ce fut un vrai succès, une accroche bien vue qui nous a marquée. Il fallait faire prendre conscience au grand public que l’usage des antibiotiques doit être raisonné. Avec la nouvelle campagne, nous abordons une autre raison de prendre ces médicaments uniquement quand c’est nécessaire. »

 

En fait, l’objectif est clair. Il faut empêcher les bactéries de développer des résistances à ces précieux médicaments, car c’est un enjeu majeur pour la santé publique. En effet, ce phénomène qu’on nomme « antibiorésistance » entraîne une perte d’efficacité des antibiotiques. Il devient alors très difficile de soigner certaines infections. « Vous savez, m’explique mon pharmacien, il existe déjà des pathologies qui résistent à tous les traitements disponibles. L’ Organisation Mondiale de la santé (OMS) pense avec juste raison que c’est une des principales menaces pour la santé. D’autant que peu de nouveaux antibiotiques sont élaborés. Il est absolument nécessaire de préserver ceux qui existent déjà ».

 

Les chiffres sont édifiants. On compte, chaque année en France, 125 000 infections multirésistantes qui provoquent 5 500 décès. A l’échelle de l’Union Européenne, 700 000 infections et 33 000 décès par an ! « Alors, poursuit mon pharmacien, pour limiter l’antibiorésistance, il convient d’utiliser les antibiotiques à bon escient. Il faut respecter la dose, la durée du traitement et l’indication.  Sachez aussi qu’un traitement antibiotique ne doit jamais être pris, ni réutilisé sans avis médical ».

 

Le pharmacien joue un rôle essentiel pour améliorer la pertinence des prescriptions et assurer un conseil avisé. D’ailleurs, une étude récente le confirme, si le médecin reste la source principale des patients de plus de 65 ans pour s’informer sur les antibiotiques, 78 % des Français citent le pharmacien. « Il faut les utiliser moins et mieux, me confirme mon pharmacien. Deux personnes sur dix arrêtent leur traitement de leur propre initiative et 8 % des Français piochent dans leur armoire à pharmacie pour se mettre eux-mêmes sous antibiotiques. Ce sont là des comportements à risque pour leur santé ».

 

En fait, cette façon de se soigner provient le plus souvent d’une méconnaissance sur l’action des antibiotiques. Près d’un Français sur deux ne sait pas qu’ils ciblent uniquement les bactéries. Ils n’agissent pas sur les virus. D’où l’absolu nécessité de trouver l’origine de l’infection avant de prendre des antibiotiques.

 

C’est donc à chacun d’entre nous de changer nos comportements et participer ainsi à la lutte contre le développement de bactéries résistantes aux antibiotiques. « Pour cela, conclut mon pharmacien, la prévention s’avère importante. Les premiers gestes sont simples, lavez-vous souvent les mains et pensez à l’hygiène alimentaire. La vaccination permet aussi de moins recourir aux antibiotiques puisqu’elle agit directement sur les virus, n’hésitez pas à en parler à la pharmacie ».

Théodore Crosnier