La prévention avec les tests


VPVC151 – Mars Avril – Votre Pharmacien Vous Conseille

La prévention et le dépistage constituent des missions fondamentales pour la pharmacie. Ces enjeux de santé publique permettront demain de mieux anticiper les pathologies et de diminuer les coûts de prise en charge des patients. Dans cette perspective, le pharmacien dispose de moyens comme des tests à réaliser à l’officine.

 

Dans les nombreuses missions confiées aux officinaux, figure leur participation au dépistage des maladies infectieuses et des maladies non transmissibles. Comme l’indique un décret paru en octobre 2018*, le pharmacien doit mettre en place des actions de prévention et de promotion de santé. Son action en matière de dépistage s’avère donc fondamentale dans la stratégie nationale de santé.

Depuis longtemps, la pharmacie propose à ses patients des actions de dépistage comme ceux du cancer colorectal, du diabète, du VIH, pour en citer quelques-uns. Ces actions interviennent parfois dans le cadre de journées nationales de prévention. C’est aussi au quotidien que le pharmacien et son équipe jouent leur rôle de professionnels de santé en réalisant des tests de dépistage au sein même de l’officine.

Le développement de la prévention est indispensable pour gagner en efficacité et en rentabilité face à la maladie. « Nous savons très bien, m’explique mon pharmacien, qu’en mettant en place des programmes de dépistage massif, nous pourrons déceler jusqu’à 90 % des personnes atteintes de pathologies et ensuite les traiter. L’exemple des tests VIH en vente dans les pharmacies est à cet égard édifiant. Dans notre pays, des milliers de personnes sont atteintes du VIH sans le savoir. Avec un accès direct au test en officine, il a été possible de faciliter les dépistages. »

Pour mener à bien ces actions, la pharmacie dispose notamment de tests rapides d'orientation diagnostique, les TROD. Les pharmaciens d'officine peuvent ainsi pratiquer des tests de glycémie, de l'angine à streptocoque A ou de la grippe. Pour cela, ils sont formés et les réalisent dans un espace de confidentialité.

« Nous pouvons ainsi dépister le diabète à la pharmacie, poursuit mon pharmacien. Il suffit de piquer le bout du doigt pour obtenir une goutte de sang. Le taux de sucre dans le sang, la glycémie, est analysé par l’appareil. S’il est supérieur à 1,26 g/l à jeun ou 2 g/l à tout moment, on peut suspecter un diabète. » Bien entendu, cette mesure ne remplace pas une prise de sang qui sera plus précise. Cela permet d’orienter vers une consultation chez le médecin en cas de résultat positif à ce test très simple.

« Le test rapide de l’angine est un autre exemple de l’intérêt que présente notre dépistage, poursuit mon pharmacien. Il est donc important de diagnostiquer au plus vite pour adopter la bonne attitude. Ces tests en pharmacie vont aider à la décision. L’intérêt est double, on soigne uniquement si nécessaire et ainsi, la sécurité sociale fait des économies ».

Bien entendu, tout cela doit se faire en relation avec le médecin. « L’utilisation des tests en pharmacie est un plus pour tout le monde, remarque mon pharmacien. Le médecin gagne du temps, nous renforçons notre mission de service et les patients sont mieux pris en charge. D’ailleurs, les Français en ont conscience puisqu’à plus de 70 %, ils se disent favorables à l’utilisation des tests en pharmacie**. »

Théodore Crosnier

 

*décret n°2018-841 du 3 octobre 2018.
** étude Satispharma et Opinionway menée en février-mars 2018

Photo/Phovoir