L’hypertrophie bénigne de la prostate ?


VPVC152 – Mai Juin 2019 – Votre Pharmacien Vous Conseille

L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) est une maladie fréquente chez l’homme à partir de 50 ans. Cette affection est bénigne mais elle est souvent à l’origine de troubles urinaires retentissant sur la qualité de la vie.

 

Qu’appelle-t-on hypertrophie de la prostate ?

L’adénome de la prostate, maintenant appelée hypertrophie bénigne de la prostate ou hyperplasie bénigne de la prostate (HBP), correspond à l'augmentation de volume de cette glande. C'est la tumeur bénigne la plus fréquente chez l'homme.

 

Pourquoi la prostate se manifeste-t-elle en vieillissant ?

A l'âge adulte, la prostate pèse entre 15 et 20 grammes. À partir de 40 ans, cette glande augmente progressivement en volume. Ceci serait sans conséquence si la prostate n’était pas située sous la vessie et si l’urètre (canal qui va de la vessie au bout de la verge) ne passait pas au milieu de cette glande.

On comprend alors qu’une augmentation du volume de celle-ci comprime l’urètre et s’oppose à l’écoulement de l’urine.

 

Est-ce une affection fréquente ?

Oui assurément. Après 70 ans, 37 % des hommes présentent une HBP avec des symptômes urinaires. Chaque année, près de 50 000 d'entre eux doivent subir une intervention chirurgicale pour ce motif.

 

Quels en sont les symptômes ?

Les principaux symptômes d’une HBP sont consécutifs à la mauvaise vidange de la vessie. Les symptômes apparaissent progressivement et vont souvent en s'aggravant. Ils retentissent sur la qualité de vie.

Les signes les plus courants sont un besoin fréquent d'uriner de jour comme de nuit avec des réveils nocturnes pour uriner jusqu'à cinq fois par nuit, des besoins urgents d'uriner avec difficultés à se retenir, une diminution de la force ou de la taille du jet d'urine avec interruption du jet, des fuites urinaires, etc.

 

Faut-il craindre le cancer ?

L’hypertrophie bénigne de la prostate n'augmente pas le risque de cancer de la prostate. Cette hypertrophie et le cancer de la prostate sont deux maladies différentes même si elles peuvent parfois coexister.

 

Faut-il consulter rapidement ?

Il n’y a pas d’urgence mais un bilan s’impose, en particulier pour éliminer un cancer débutant. Le médecin fera alors pratiquer un dosage des PSA.

Dans tous les cas, il évaluera le volume et la consistance de la glande par un toucher rectal.

 

Que faire si la gêne est minime ?

Si la prostate est de petit volume et n'altère pas la qualité de vie, une surveillance médicale s’impose, bien sûr accompagnée de quelques conseils de bons sens : ne pas boire le soir, arrêter ou fortement diminuer l’alcool et la caféine qui augmente la diurèse, pratiquer une activité physique régulière.

A ce stade, il est utile de prendre des compléments alimentaires ou un traitement phytothérapique qui peuvent diminuer la progression de la croissance de la glande. En parler avec son pharmacien.

 

Y a-t-il un traitement définitif ?

Dès que la qualité de vie est altérée, le médecin proposera un traitement médical à base de médicaments. Celui-ci soulagera les symptômes et n’arrêtera pas la croissance de la glande.

Si le traitement médical n'est pas suffisant ou s'il existe des complications, une intervention chirurgicale sera proposée. Les techniques actuelles permettent de limiter les retentissements sur la sphère urogénitale et redonnent une bonne qualité de vie.