Que faire devant un œil rouge ?


VPVC152 – Mai Juin 2019 – Votre Pharmacien Vous Conseille

Un œil rouge peut parfois être le signe d’une affection oculaire sérieuse. Il ne doit donc pas être négligé. Toutefois pas de panique. Voici les questions à se poser pour orienter la prise en charge.

 

 

Y-a-t-il des troubles de la vision ?

C’est la première question à se poser. Si oui, mettre un pansement sur l’œil pour le protéger et consulter un ophtalmologiste en urgence. Il en sera de même en cas de traumatisme de l’œil, a fortiori si une lésion est visible.

 

Y a-t-il un corps étranger ?

Si oui, il convient de laver l’œil avec un collyre. Demander à quelqu’un de votre entourage ou mieux au pharmacien de pratiquer ce lavage en retournant bien la paupière. Si le corps étranger ne peut être éliminé, consulter un ophtalmologiste. Une fois le corps étranger éliminé, le pharmacien conseillera un collyre antiseptique pour éviter une surinfection.

 

Y a-t-il une gêne ou des picotements ?

A fortiori si ces signes s’accompagnent d’un écoulement, il s’agit probablement d’une conjonctivite. Elle est liée à une dilatation des vaisseaux de la conjonctive (la muqueuse recouvrant la face interne des paupières et le globe oculaire).

Souvent, des sécrétions purulentes collent les cils le matin au réveil et une sensation de grains de sable, source d’inconfort, inquiète le sujet. Mais a priori pas d’inquiétude particulière, l’affection est bénigne et c’est la cause principale d’un œil rouge.

La conjonctivite peut être d'origine bactérienne, virale ou allergique. Votre pharmacien saura vous conseiller le traitement le plus approprié : sérum physiologique et collyre.

 

La face intérieure des paupières est-elle rouge ?

Une rougeur du bord des paupières associée à un œdème traduit la blépharite. Il peut s’agir d’une infection ou d’un engorgement des glandes présentes dans les paupières. S’il y a extension à la conjonctive, on parle de blépharoconjonctivite. Là encore prendre conseil auprès du pharmacien.

 

Y-a t-il une gêne à la lumière ?

Il peut s’agir d’une kératite infectieuse ou inflammation de la cornée. Elle se traduit par une baisse de la vision, une gêne intense à la lumière, des douleurs intenses. Elle doit être traitée rapidement car elle met en danger la vision.

 

Observe-t-on de petites zones hémorragiques ?

L’hémorragie sous-conjonctivale se traduit par une rougeur localisée dans un secteur de la conjonctive. Elle se manifeste par un œil rouge isolé, non douloureux et sans baisse de l’acuité visuelle. Le plus souvent on ne retrouve pas de cause et la guérison est spontanée. Bien évidemment si elle est consécutive à un traumatisme, il faut consulter.

 

L’œil est-il douloureux et dur ?

Il faut alors craindre un glaucome. Le glaucome aigu est facilement reconnaissable. Il associe un œil très douloureux et très dur (« comme une bille de bois ») à une rougeur d’apparition rapide. Ce glaucome survient plus fréquemment chez les hypermétropes ou en cas de prise de certains psychotropes médicaments. Le traitement devra être mis en œuvre en urgence car un glaucome non traité risque d’endommager définitivement l’œil.