Suspicion d’infection urinaire, bandelettes ou ECBU ?


VPVC152 – Mai Juin 2019 – Votre Pharmacien Vous Conseille

La plupart des femmes ont souffert ou souffriront d’une cystite dans leur vie. Affection fréquente, souvent douloureuse et au début brutal, elle nécessite une prise en charge rapide. Le conseil du pharmacien trouve ici toute sa justification.

 

La cystite aiguë de la femme est une inflammation d’origine infectieuse de la vessie et de l’urètre. Le germe le plus souvent en cause est la bactérie Escherichia Coli, fort heureusement très sensible au traitement.

La cystite se manifeste par des brûlures ou des douleurs en urinant, une sensation de poids dans le bas du ventre, des besoins pressants et très fréquents d'uriner et éventuellement des urines troubles et mal odorantes. En l’absence d’infection du reste de l’appareil urinaire, il n’y a pas de fièvre. Si celle-ci est présente, une consultation s’impose rapidement.

Les femmes sont particulièrement sujettes à cette infection tout d’abord pour des raisons anatomiques. L’urètre court favorise la remontée des bactéries et la présence d’un prolapsus (descente d’organes) ne permet pas de vider complètement la vessie. De même, au cours de la grossesse, la réorganisation du petit bassin gène la miction. Enfin la ménopause, avec son déficit en œstrogènes, fragilise les tissus.

 

Poser vite le diagnostic de cystite, simple grâce aux bandelettes

Le premier geste à faire est un test des urines au moyen d’une bandelette. Les femmes sujettes à de fréquents épisodes ont intérêt à disposer des bandelettes dans l’armoire à pharmacie familiale. Sinon rendez-vous chez votre pharmacien qui saura vous conseiller.

Les bandelettes présentent des zones réactives permettant de visualiser dans l’urine la présence de différents éléments tels que les nitrites, les leucocytes, etc. Il existe d’autres variétés de bandelettes pour rechercher la présence de sucre chez le diabétique par exemple.

Le mode d'emploi est simple : recueillir les urines matinales, tremper la bandelette et comparer la couleur des carrés réactifs sur l’échelle fournie.

Si les deux (nitrites et leucocytes) sont négatifs, aucune infection urinaire n'est détectée. C'est l'assurance à 98 % de l'absence d'infection. Si l’un est positif et l’autre négatif, refaire le test le lendemain. Si les deux paramètres sont alors positifs, il y a suspicion d'infection urinaire.

 

Faut-il consulter le médecin et faire un ECBU ?

Face à un test positif, une consultation chez le médecin s’impose, surtout pour un premier épisode.

En cas de cystite simple, sans autre symptôme, chez la femme jeune non enceinte, le médecin prescrira directement un traitement antibiotique à dose unique.

En cas de récidives (plus de quatre par an), de complications ou chez la femme enceinte, le médecin fera d’abord pratiquer un examen cytobactériologique des urines (ECBU). Comme son nom l’indique, cet examen recherche les différents types de cellules retrouvées dans l'urine (globules rouges, leucocytes ou globules blancs et cellules épithéliales de la vessie), ainsi que la ou les bactéries en cause. Il faut ensuite mettre celle-ci en culture afin de tester l’efficacité des différents antibiotiques (antibiogramme).

Il est important de faire cet examen avant tout traitement car ce dernier risque de neutraliser la bactérie en cause et « d’effacer » les informations sur celle-ci et  le médecin ne pourra donc pas pouvoir prescrire l’antibiotique le plus adapté.