Médication familiale et conseil


VPVC153 – Juillet Août 2019 – Votre Pharmacien vous conseille

Nous avons tous connu des situations d’urgence qui nous ont conduits à la pharmacie un samedi après-midi. Face à notre désarroi, l’officine est heureusement ouverte pour nous permettre de prendre le médicament dont nous avons l’habitude, ou nous conseiller au mieux pour notre santé. Le pharmacien sait prendre la bonne décision.

 

Comme cela m’arrive de temps en temps, j’ai négligé la douleur que je ressentais au niveau d’une dent depuis quelques jours. Et, arrivé pour le week-end au bord de la mer, une rage dentaire m’a conduit chez le pharmacien de la petite ville maritime. J’ai mes habitudes et je sais ce que je dois faire dans ce genre de cas. Autrement dit, je m’auto-médique !

 

C’est pourquoi, en plus du bain de bouche que j’utilise régulièrement, je demande un antalgique codéiné car même si je ne suis pas trop douillet, j’ai vraiment mal. Quelle ne fut pas ma surprise de m’entendre dire que désormais une ordonnance est nécessaire pour ce type de médicament ! « Oui, m’explique très gentiment le pharmacien, je suis désolé mais, une prescription est obligatoire. La vigilance a été renforcée sur de nombreux médicaments qui de ce fait, ne sont plus librement accessibles. »

 

Je lui fais alors remarquer que c’est une partie importante de leur arsenal thérapeutique qui disparaît. « Il me semble pourtant, lui dis-je, que les pharmaciens sont des professionnels de santé tout à fait aptes à dispenser de manière responsable des médicaments ». « Je partage entièrement votre opinion, me répond-t-il avec un large sourire. Pour autant, il faut reconnaître que l’automédication familiale peut parfois poser quelques problèmes. En effet, les médicaments ne sont pas des produits de consommation courante et certaines personnes font des surdosages, quand elles se servent avec trop de largesse dans leur armoire à pharmacie. C’est pourquoi, je conseille toujours à mes patients de venir me voir avant de s’auto-prescrire un remède. Ils viennent avec la boîte trouvée chez eux et si c’est le traitement adapté, je leur confirme. Ils n’ont rien à acheter de plus, mais ils sont certains d’avoir le produit qui correspond bien à leur besoin. »

 

Cette démarche du pharmacien apparaît logique et efficace. Cela évite de surcharger les urgences à l’hôpital tout en respectant le souci d’économie des patients. En plus, le bon usage est renforcé grâce au conseil du pharmacien. Car en fait, c’est bien cela que nous attendons d’un professionnel de santé, qu’il prenne ses responsabilités pour assurer notre bien-être. « C’est pourquoi, nous comprenons pas, me dit-il, les campagnes de certaines associations de consommateurs, toujours à la recherche de sensationnel. »

 

Cela fait allusion, bien entendu, au matraquage récent pour les ventes de produits en GMS. D’autant plus, me précise alors le pharmacien, « que nous disposons de solutions à proposer aux patients avec par exemple, la phytothérapie, l’aromathérapie ou les compléments alimentaires ». 

 

« Je crois savoir qu’on réfléchit actuellement à autoriser le pharmacien à dispenser de manière responsable des médicaments, que l’on pourrait appeler médicaments à prescription pharmaceutique ? » « Effectivement, me confirme le pharmacien.  Si notre rôle est bien de mettre le patient en garde contre certaines interactions ou contre-indications, nos connaissances valorisent pleinement notre conseil pour une médication familiale ou des réponses à des situations d’urgence. »

 

Le conseil du pharmacien constitue donc bien un acte à forte valeur ajoutée et aucune boîte ne doit sortir de l’officine sans alerte ou conseil associé.