L'Hallus Valgus


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Questions sur l'hallux valgus 

Le hallux valgus est une pathologie orthopédique fréquente. Elle est d'autant plus redoutée et mal vécue que la chirurgie (souvent indispensable) a mauvaise réputation, à cause des suites longues et contraignantes.

 

La qualité de la relation entre le chirurgien, le kinésithérapeute et les patients est fondamentale.

 

Qu'est-ce que l'hallux valgus ?

L'hallux valgus (on peut aussi dire hallus valgus) est la déformation de l'avant-pied la plus fréquente avec une prédominance féminine de 9 pour un. La déformation se caractérise par la présence à la base du gros orteil d'une saillie appelée oignon et pouvant être le siège d'une inflammation réactionnelle.

L'hallux valgus correspond à l'apparition d'une angulation entre le premier métatarsien (os à l'intérieur du pied sur lequel vient s'articuler le gros orteil), qui s'oriente vers l'intérieur et le gros orteil qui lui s'oriente vers l'extérieur. Le déplacement des pièces osseuses s'accompagne de modifications des parties molles autour de l'articulation métatarso-phalangienne (ligament, capsule, tendon).

 

Quels sont les facteurs favorisants ?

L'hallux valgus commun de l'âge adulte est la forme la plus fréquente. Un terrain familial est souvent rencontré. Les facteurs favorisants sont multiples. Un premier rayon long (pied égyptien) favorise l'inclinaison en valgus du gros orteil, tout comme le chaussage, surtout quand il est trop serré ou qu'il existe des talons. Un autre facteur favorisant est la rétraction des muscles de la loge postérieure de jambe par l'action qu'ils ont sur les tendons fléchisseurs du pied. On peut citer aussi les anomalies des métatarsiens, une hyperlaxité articulaire (relâchement des éléments de l'articulation). Une origine congénitale sera évoquée devant un hallux valgus de l'enfant ou inflammatoire dans le cadre de certaines maladies rhumatismales.

 

Pourquoi l'hallux valgus est-il douloureux ?

La douleur est le principal symptôme dont se plaignent les femmes présentant un hallux valgus. La plainte esthétique, toujours présente, passe toutefois en second. Les manifestations cliniques du hallux valgus sont la conséquence d'un conflit entre la chaussure et l'articulation métatarsophalangienne. La première cause de douleurs est le conflit interne avec la chaussure au niveau de l'articulation. La deuxième cause de douleur est la conséquence du déséquilibre de l'appui au niveau de l'avant-pied lié à la déformation et sont en relation avec les contraintes mécaniques excessives. Une troisième cause de douleur est liée à l'existence d'une dégradation articulaire (arthrose) qui accompagne parfois l'hallux valgus et qu'il faut prendre en compte pour le traitement. Dans certains cas, la plainte peut être uniquement liée à un conflit avec la chaussure au niveau d'un cor douloureux.

Quel est le traitement médical ?

Le traitement médical précoce soulage la douleur sans corriger la déformation. Il faut appel aux techniques de la podologie : chaussage large et adapté, orthèse plantaire (semelle orthopédique) pour rééquilibrer les appuis, rééducation pour préserver la souplesse articulaire. Des antalgiques ou anti-inflammatoires aident à passer les périodes douloureuses.

Quels sont les principes du traitement chirurgical ?

Mais le traitement chirurgical s'impose la plupart du temps. Malheureusement, il n'existe pas d'intervention miracle, susceptible de s'imposer universellement et chaque chirurgien orthopédiste développe sa propre technique en fonction des situations. La bonne stratégie est de choisir la technique la moins invasive possible pour pouvoir éviter au maximum les complications et améliorer le confort. Quoi qu'il en soit, il faut savoir que la rééducation est longue et les suites post-opératoires sont souvent pénibles pour les opérés, ce qui explique la mauvaise image de cette chirurgie. Toutefois les techniques actuelles, moins invasives ont permis de rendre cette chirurgie très fiable, tout en améliorant le confort des patients pendant la période de rééducation.

 

Quelles sont les complications ?

Les techniques modernes ont permis de diminuer de façon significative le taux de complications. Les seules véritables complications à craindre et les plus redoutés par les chirurgiens sont les infections. Elles sont toutefois devenues exceptionnelles, par la mise en 'uvre de précautions d'asepsie très rigoureuses.

Mais les complications qui rendent les suites souvent pénibles, sont plus redoutées par les patientes, qui ne comprennent pas toujours que la reprise d'une marche normale ne peut intervenir qu'après plusieurs semaines. Dans les suites immédiates, on observe des hématomes qui peuvent faire le lit de l'infection. Ils sont favorisés par une reprise trop intensive de la marche. Pour les patientes ce sont les douleurs postopératoires dites algodystrophiques qui constituent le principal défaut de cette chirurgie. Elles peuvent perdurer un à deux ans, même en cas de guérison complète. Plus tard, on pourra rencontrer de la raideur articulaire, très gênante dans certaines professions.

Mais la crainte du chirurgien c'est évidemment le défaut de correction. Celui-ci est retrouvé dans moins de 5 % des cas. Dans l'autre sens, l'excès de correction est mal toléré et Il nécessite souvent une reprise chirurgicale. Ces complications sont devenues anecdotiques, avec les progrès récents de cette chirurgie.

 

Quelles sont les conditions d'une "bonne opération" ?

Comme on vient de le voir, le traitement chirurgical du hallux valgus n'est pas anodin. L'acte chirurgical en lui-même doit être bien préparé, d'autant plus que les patientes souffrent avant l'intervention et que les expériences vécues par les amies ayant subi une intervention chirurgicale n'est généralement pas de nature à les rassurer.

En fait, une bonne intervention est une intervention dont les suites se déroulent comme prévue. C'est pourquoi, il faut bien discuter avec son chirurgien des conséquences de l'opération et des soins à mettre en place, ainsi que de la rééducation à mettre en 'uvre.

 

Quelles sont les suites opératoires ?

Le premier sujet de reproche au chirurgien tient déjà dans le fait qu'il est déconseillé de faire les deux pieds en même temps du fait du handicap immédiat trop invalidant et la difficulté de la rééducation. La patiente doit donc se faire opérer deux fois ! L'anesthésie le plus souvent proposée est de type locorégionale. Certains sujets apprécient peu de suivre leur opération en direct. Le gros avantage est que le temps d'hospitalisation s'en trouve très réduit (quelques heures). Là encore, bien en discuter pour comprendre ce que font le chirurgien et l'anesthésiste.

Au décours de l'intervention, la satisfaction de la patiente est longue à se manifester, à cause des douleurs, on l'a vu, mais aussi en raison du chaussage imposé.  Généralement, une chaussure à semelle rigide doit être portée pour une période de trois semaines, suivies ensuite par un chaussage confortable type tennis ou sandale à semelle amortissante. L'appui est généralement autorisé. Il peut être utile de prendre des béquilles au début.

La reprise des activités est progressive. La conduite d'une voiture peut avoir lieu en général entre 4 et 6 semaines. L'arrêt de travail peut être prolongé jusqu'à trois mois si le patient doit effectuer de longs trajets à pied ou si son travail nécessite une station debout prolongée. Le vélo, la natation peuvent être débutés au 45e jour. Les sports d'impulsion (course à pied, tennis') peuvent être débutés après le 4e mois, à condition que les douleurs soient absentes.