Syndrome du bébé secoué : une maltraitance qui peut être mortelle


Le 17 janvier 2022

Le gouvernement lance une nouvelle campagne nationale de sensibilisation au syndrome du bébé secoué. En quelques chiffres, cette maltraitance lourde de conséquences fait plus d’une victime par jour. Une victime sur dix décède et les 3/4 des survivants présentent des séquelles graves. Avec un taux de récidive élévé puisque les bébés secoués l'ont été en moyenne 10 fois.

 

Une priorité de santé publique

Les cas de bébés secoués ne sont pas des faits isolés. Chaque année, plusieurs centaines d’enfants en sont victimes. Cette maltraitance, perpétrée volontairement par des adultes, parfois dans le déni de la gravité de leur acte, représente la forme la plus grave de traumatisme crânien de l’enfant.

En France, 1 bébé sur 10, victime de secouements, décède, les autres en subiront les conséquences toute leur vie. Le syndrome du bébé secoué est à l’origine de graves séquelles neurologiques qui se manifestent par des déficiences intellectuelles, visuelles ou motrices, ainsi que des troubles du comportement, de la parole ou de l’attention.

Pour alerter et faire la lumière sur la réalité de ce phénomène, le Gouvernement se saisit du sujet à travers une campagne de sensibilisation nationale. Cette initiative d’Adrien Taquet, secrétaire d’État en charge de l’enfance et des familles auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, soutenue par des experts et des parents témoins, repose notamment sur la diffusion d’un film choc que vous pourrez visionner ci-dessous et qui rappelle que secouer un bébé est une maltraitance qui peut être mortelle.

 

Secouer un bébé est une maltraitance qui peut être mortelle

Aussi appelé "traumatisme crânien non accidentel" (TCNA), le syndrome du bébé secoué se traduit lorsqu’un bébé ou un jeune enfant est violemment secoué par un adulteCes secousses, toujours extrêmement violentes, sont produites le plus souvent lors de la saisie du bébé sous les aisselles ou par le thorax. Sa tête se balance rapidement d’avant en arrière et son cerveau heurte les parois de son crâne.

Le bébé peut alors arrêter de respirer et des lésions cérébrales, oculaires et de la moelle épinière peuvent survenir. Des pertes de neurones importantes, qui impacteront l’enfant toute sa vie, peuvent aussi être occasionnées.

 

 

Chiffres clés

Plusieurs centaines d’enfants sont victimes de ce syndrome selon Santé publique France [1] ;

Les victimes ont majoritairement entre 2 et 4 mois [2] ;

1 victime sur 10 décède[Un chiffre confirmé par les experts mobilisés dans le cadre de la campagne, basé entre autre sur la publication du BEH, Santé publique France, 2019]] ;

Les 3/4 présentent des séquelles graves sur le long terme [3] ;

Le syndrome du bébé secoué se caractérise par un taux de récidive élevé : les bébés secoués l’ont été en moyenne 10 fois [4].

 

 

 

Les symptômes d’alerte

Le syndrome du bébé secoué n’est généralement pas une violence isolée. Les symptômes antérieurs suggérant une maltraitance sont particulièrement fréquents chez les bébés diagnostiqués. Afin d’éviter les récidives, il est possible de repérer certains signes :

 

Porter une attention particulière au comportement et aux manifestations de l’enfant pouvant traduire une forme d’inconfort, de mal-être, de malaise, de gêne ou de souffrances psychiques en présence de certains adultes.

S’inquiéter des contusions, ecchymoses ou hématomes, sur un bébé non déambulant qui ne peut se blesser seul.

En cas de suspicion de maltraitance et de secouements, il est essentiel d’en parler et de ne pas rester seule face à la situation.

 

 

Les séquelles du syndrome du bébé secoué

75% des bébés qui survivent aux secouements connaîtront des séquelles très lourdes dues à des lésions cérébrales :
 

  • Un retard du développement psychomoteur ou des handicaps moteurs ;

  • Des troubles cognitifs et des difficultés d’apprentissage ;

  • Des problèmes de comportement ;

  • Des troubles de l’alimentation ;

  • Des troubles du sommeil ;

  • Un déficit visuel ou une cécité ;

  • Un déficit auditif ou une surdité ;

  • Des crises épileptiques.

 

 

Adopter les bons réflexes en cas de difficulté avec un enfant

 

Garder un bébé n’est pas chose facile. Si vous êtes un parent ou une personne responsable d’un enfant et que vous vous retrouvez en situation de vulnérabilité ou connaissez des difficultés, il existe des bons reflexes à adopter.

Si personne n’est là pour vous aider :

  1. Mettre le bébé en sécurité dans son lit, en le couchant sur le dos. Il n’y a aucun danger à le laisser seul dans cette position ;
  2. Quitter quelques minutes la pièce ;
  3. Respirer et se concentrer sur autre chose pour retrouver son calme ;
  4. Si possible appeler un proche pour en parler ou nous venir en aide en prenant le relai
  5. Demander de l’aide : partager leurs craintes et leurs doutes à leur entourage comme à des professionnels.

 

 

Réagir dans l’urgence face aux symptômes immédiats

 

Après les secouements, des symptômes pouvant être en rapport avec une atteinte neurologique grave surviennent immédiatement :
 

  • Somnolence inhabituelle, troubles de la conscience ;
  • Rigidité du corps ou au contraire une perte du tonus ;
  • Mouvements anormaux ou convulsions (les bras et les jambes se raidissent ou se mettent à bouger de manière incontrôlable) ;
  • Difficultés à respirer ou des pauses respiratoires ;
  • Diminution de l’appétit, refus de manger ou vomissements sans raison apparente ;
  • Perte des sourires ou babillage habituels ;
  • Moins bon contact, extrême irritabilité, pleurs inhabituels ;
  • Troubles oculaires : les yeux ont des mouvements anormaux, les pupilles sont de dimensions inégales, l’enfant louche ou ne suit plus du regard.

 

 

 

Que faire dans l’urgence ?

  • Contacter les secours médicaux d’urgence en appelant le 15 ou le 112 (114 par sms pour les personnes sourdes ou malentendantes) : un diagnostic et des soins précoces sont indispensables pour diminuer les séquelles neurologiques.
  • En attendant l’arrivée des secours, si le bébé présente des convulsions ou s’il vomit, le placer sur le côté, en position latérale de sécurité.
  • S’assurer que le bébé n’a pas de fièvre et s’il en a, la prendre en charge.
  • Vérifier s’il n’a pas besoin de boire ou de manger, d’être changé, couvert davantage ou au contraire, moins couvert.

 

Deux numéros verts existent pour entrer en contact avec des professionnels de la petite enfance :

-  Un numéro d’urgence  : la ligne « Allô Enfance en danger » du Service National d’Accueil Téléphonique pour l’Enfance en Danger (SNATED) qui a pour mission d’apporter aide et conseil aux appelants confrontés à une situation d’enfant en danger ou en risque de l’être.

  • Joignable au 119 disponible 24h/24 et 7j/7.

- Un numéro d’aide et d’écoute : la ligne « Allo Parents Bébé » de l’association Enfance et Partage qui a pour mission d’écouter, de soutenir et d’orienter les parents inquiets dès la grossesse et jusqu’aux trois ans de l’enfant.

  • Joignable au 0 800 00 34 56, du lundi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 18h.

 

 

Campagne lancée le 17 janvier 2022 
Source : https://solidarites-sante.gouv.fr/affaires-sociales



[1] Impossible de recenser les cas dans leur intégralité, des indications complémentaires sont disponibles sur la publication du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), Santé publique France, 2019

[2] Haute Autorité de Santé (HAS), 2017

[3] BEH, Santé publique France, 2019

[4] HAS, 2017