Grand âge et petit appétit


12 novembre 2020

La dénutrition, qui touche en France plus de 2 millions de personnes, est une situation pathologique qui menace la santé, l’autonomie et l’espérance de vie des personnes âgées. Chez la personne dénutrie, le risque de mortalité est ainsi multiplié par 4. Par ailleurs la dénutrition aggrave les maladies existantes (complications, convalescence plus longue, réhospitalisation) et conduit plus rapidement à une dépendance dans les gestes de la vie quotidienne. Grâce aux travaux menés au sein du projet RENESSENS[1] , des chercheurs d’INRAE et du CHU de Dijon ont produit un guide d’information et de conseils pratiques à destination des personnes âgées et de leurs aidants familiaux et professionnels. Fruit d’un travail collectif mené depuis plusieurs années, ce guide intitulé Grand âge et petit appétit sort à l’occasion de la première semaine nationale consacrée à la dénutrition.

 

 

Trop souvent ignorée, la dénutrition entraîne une perte des réserves musculaires et aggrave un état de fragilité chez la personne âgée. Parmi les seniors dépendants pour leur alimentation, 7 seniors sur 10 ne mangeraient pas assez pour couvrir leurs besoins nutritionnels, essentiellement car ces personnes ne sont pas en capacité de consommer les portions correspondant à leurs besoins nutritionnels, faute d’appétit. Afin de prévenir la dénutrition chez ces seniors en baisse d’appétit, il est essentiel d’enrichir leur alimentation pour leur permettre de couvrir leurs besoins nutritionnels. Enrichir, c’est accroître la densité nutritionnelle des plats sans augmenter, voire en réduisant, la taille des portions.

 

Un guide dans la prolongation des résultats du projet multidisciplinaire RENESSENS

Le projet ANR[2] RENESSENS , piloté par INRAE et achevé en 2018, a été construit dans un esprit collaboratif multidisciplinaire permettant de prendre en compte toutes les facettes liées à l’âge : y ont travaillé des experts dans le domaine de la gériatrie, de la nutrition, du comportement du consommateur, de la psychologie, de la sociologie, des sciences de l’alimentation et de l’industrie. La conclusion des travaux a souligné l’importance de personnaliser la prise en charge alimentaire de la personne âgée afin de prévenir efficacement la dénutrition. Dans la lignée de ces résultats, il a été décidé de concevoir un guide à destination des personnes âgées et de leurs aidants familiaux et professionnels. Ce guide[3] est l’aboutissement d’un travail collectif mené durant 6 ans et s’inscrit dans une démarche d’information auprès du grand public pour prévenir et lutter contre la dénutrition au sein de la population âgée.

 

Un guide illustré et facile d’accès

Le guide, illustré et facile d’accès, intitulé Grand âge et petit appétit apporte des informations et des conseils pratiques pour repérer la perte d’appétit chez  la personne âgée et l’aider à couvrir ses besoins nutritionnels tout en respectant ses besoins, capacités et préférences. Ce guide propose des astuces et des recettes culinaires appuyées par des histoires de vie concrètes, qui accompagnent chaque étape de ce guide de 45 pages composé de 4 sections.

 

 


1] RENESSENS (2014-2018) – Réussir Ecologiquement une Nutrition Equilibrée et Sensoriellement adaptée pour Sénior – est un projet financé par l’ANR, rassemblant 18 partenaires, publics comme privés. Il visait à identifier les profils des "petits mangeurs", trouver des solutions adaptées et durables pour améliorer leur prise en charge alimentaire et en évaluer le coût-bénéfice pour les résidents, les Ehpad et la société.

[2] L’Agence Nationale de la Recherche - met en œuvre depuis 2005 le financement de la recherche sur projets, pour les opérateurs publics en coopération entre eux ou avec des entreprises.  En proposant des appels à projets compétitifs, elle  vise à soutenir l’excellence de la recherche française à des degrés de maturité technologique variés, à soutenir la recherche fondamentale, à encourager les partenariats scientifiques académiques et « publics-privés », et à favoriser les coopérations européennes et internationales.

[3] Ce guide a été co-écrit par le Dr Virginie Van Wymelbeke du CHU de Dijon et le Dr Claire Sulmont-Rossé d’INRAE, avec l’appui du Dr Bruno Lesourd du CHU de Clermont-Ferrand et d’Isabelle Maître de l’ESA d’Angers.  


 

Source INRAE

Photo Phovoir

 

 

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