Deuxième alerte canicule, la prévention encore et toujours


22 juillet 2019

Des campagnes de prévention solaires sont menées chaque année par les pouvoirs publics. Santé publique France et l’Institut national du cancer ont publié en juillet 2018 le Baromètre Cancer 2015 (1)  dédié aux risques liés à l’exposition aux UV naturels et artificiels. L’occasion de rappeler, que le soleil n’est pas sans danger et que quelques habitudes simples permettent de s’en protéger et de préserver sa santé. 

 

 

Risque solaire : les gestes de prévention encore trop peu mis en œuvre 

Selon les données du Baromètre Cancer 2015, si 9 personnes sur 10 ont la conviction que l’exposition au soleil est une cause probable des cancers de la peau, leurs attitudes de protection restent à améliorer : 

 près de 3 personnes sur 4 déclarent « brûler » lors d’une première exposition ; 

 la pratique de protection la plus fréquente est le port de lunettes de soleil (70 %), devant l’évitement des heures les plus ensoleillées (69 %) et le port d’un t-shirt (61 %) ; 

 seules 4 personnes sur 10 appliquent de la crème toutes les deux heures ; 

 ces attitudes sont par ailleurs loin d’être systématiques. 

 

De manière générale, on observe que les personnes ayant la peau claire sont plus enclines à se protéger du soleil que les personnes aux peaux plus foncées. 

 

Des idées reçues fausses encore trop fréquentes 

 47 % de la population estiment que si les coups de soleil de l’enfance sont bien soignés, ils sont sans conséquence à l’âge adulte. Une opinion qui augmente de 9 points en 10 ans. Ils étaient 40 % à le penser en 2010, 38 % en 2005 ;  or les coups de soleil reçus pendant l’enfance augmentent considérablement le risque de cancer de la peau à l’âge adulte et créent des dommages sur les yeux qui peuvent entraîner de graves problèmes de vue ; 

 24 % pensent que faire des UV artificiels avant les vacances permet de préparer sa peau pour se protéger du soleil ;  or le bronzage artificiel n’a pas le même effet protecteur que le bronzage naturel : il ne s’accompagne pas d’un épaississement de la peau. Loin de préparer la peau au soleil, les UV artificiels, également cancérigènes, ne font que s’ajouter aux UV du soleil et en renforcer l’effet cancérigène ; 

 21 % pensent que les coups de soleil préparent la peau en la rendant moins vulnérable au soleil ;  or le coup de soleil est une brûlure de la peau ; 

 10 % estiment que mettre de la crème solaire une seule fois suffit à se protéger pour la journée, or l’application doit être renouvelée toutes les deux heures afin de maintenir une protection efficace

 

Les enfants mieux protégés que les adultes 

Les parents d’enfants de moins de 4 ans respectent davantage les gestes de prévention solaire pour leurs enfants et sont plus négligents pour eux même : 

 

 ainsi, 78 % des parents veillent à systématiquement faire porter un chapeau à leurs enfants mais ne sont plus que 13 % à y veiller pour eux même ; 

 l’exposition entre 12h et 16h est évité systématiquement pour 62 % des enfants et seulement pour 20 % des parents ; 

 enfin, le renouvellement de la crème solaire est assuré systématiquement toutes les deux heures chez 54 % des enfants et seuls 15 % des parents font de même pour eux. 

 

Les risques solaires ne concernent pas uniquement les vacanciers 

L’exposition au soleil ne se limite pas aux lieux de vacances, elle peut se faire aussi dans son jardin, lors des activités de plein air, en milieu scolaire mais également au travail. Ainsi, pour la première fois, le Baromètre Cancer s’est intéressé à l’exposition solaire en milieu professionnel : 

 plus d’un actif occupé sur cinq déclare devoir travailler souvent ou systématiquement au soleil ; 

 54 % des actifs exposés au soleil lors de leur travail peuvent se mettre à l’ombre lors d’une journée ensoleillée et 37 % peuvent éviter d’être au soleil entre 12h et 16h. 

 Concernant les protections individuelles, le t-shirt est utilisé par 75 % des actifs, suivi du port de lunettes pour 47 % d’entre eux et du port d’un chapeau ou casquette pour 39 %. Seules 13 % des personnes interrogées déclarent appliquer de la crème solaire toutes les deux heures. 

 

L’emploi systématique ou fréquent des méthodes de prévention au travail est étroitement associé à celles utilisées en dehors du travail. 

 

 


1 Enquête réalisée auprès d’un échantillon représentatif de la population de 3 931 personnes âgées de 15 à 75 ans. 

Source INCa, Santé Publique France

 


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Le Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues (SNDV) appelle à la plus grande vigilance en ces périodes de canicule

 

 

Les cancers de la peau 

L’incidence des cancers (nouveaux cancers sur une période déterminée dans une population ciblée) de la peau est en constante augmentation depuis 30 ans. 


L’exposition aux rayonnements solaires est la cause principale des cancers de la peau. Il en existe deux grands types : 

Les carcinomes sont les cancers de la peau les plus fréquents. Ils surviennent généralement après l'âge de 50 ans, sur les zones découvertes du corps (visage, cou, épaules, avant-bras, jambes…). Ils sont le plus souvent dus à une exposition au soleil excessive et chronique. 

Le mélanome cutané est beaucoup plus rare que le carcinome mais c’est le plus grave des cancers de la peau, du fait de son « haut potentiel métastatique », c'est-à-dire de sa capacité à se propager rapidement à d'autres parties du corps.